Phnom Penh - Cambodia

Pour la petite histoire

Nous sommes au Cambodge au Pavillon des Enfants de l’hôpital Calmette à Phnom Penh pour suivre le quotidien des équipes médicales Franco-Cambodgienne en activité sur place. Leur mission consiste au dépistage des maladies cardiaques des enfants démunis de la région … voir de bien plus loin. La liste d’attente pour une opération après l’avoir détectée s’élève à environ 1500 enfants ! C’est dans ce contexte que nous avons fait la connaissance de la petite Srey Pei a qui nous dédions cette page et qui mobilise toute notre attention.

En résumé

L ‘histoire que nous voulons vous raconter se déroule au Cambodge à Phnom Penh, au sein du Pavillon des Enfants de l’hôpital Calmette. Nous y avons fait la connaissance d’une petite fille qui nous a particulièrement émue. Srey Pei a 5 ans, elle vient de la province de Takeo qu’elle et sa famille ont dû quitter par manque d’argent. Ses parents pour gagner leur vie collectent les déchets dans les rues de la capitale. Comme d’autres enfants dont la famille est dans cette situation, parfois elle et sa petite sœur les accompagnent pour aider. Elles ne sont pas scolarisées.

Srey Pei est diagnostiquée en 2013 comme ayant une malformation cardiaque. Le nom de cette malformation est la CIA : communication inter-auriculaire ce qui veut dire qu’il y a une ouverture entre ses deux oreillettes mélangeant le sang entrant et sortant. Depuis ce diagnostic, elle est en attente d’une opération et a été dirigée vers le Pavillon des Enfants en octobre 2017 pour y suivre un traitement. Son espoir pour une vie meilleure est d’être prise intégralement en charge par l’association de La Chaîne de l’Espoir.

Srey Pei c’est un sourire timide et de grands yeux noirs qui vous regardent droit dans les yeux. La barrière de la langue ne nous a pas empêchés de nous rapprocher et de tisser des liens avec elle et sa famille. En étant sur place, nous avons ressenti toute l’anxiété d’une famille qui aujourd’hui est dans l’attente de l’opération qui lui sauvera la vie. La Chaîne de l’Espoir mobilise des médecins, des infirmières et des chirurgiens pour soigner ces enfants. Beaucoup de cas sont diagnostiqués grâce à eux. Malgré les efforts et les centaines de vies sauvées, il demeure malheureusement encore des milliers d’enfants en attente à cause du manque de moyens .

Nos impressions

Les premiers temps, faire connaissance avec Srey Pei

Premiers jours à l’hôpital au sein du Pavillon des Enfants, nous sommes assez nerveux de rencontrer enfin l’équipe sur place ainsi que les enfants soignés actuellement. Nous rencontrons plusieurs personnes, arpentons les couloirs et sommes face à une triste réalité .. tant d’enfants ont besoin d’aide. Un constat simple mais qui dans cette salle des dossiers prenait tout d’un coup sens.

C’est en arrivant sur la terrasse du pavillon que nous apercevons pour la première fois une petite fille un peu chétive dans une blouse bleue d’hospitalisation nous observant. Ses parents nous saluent chaleureusement. Elle reste là à nous observer avant de s’approcher timidement à la demande de sa maman. Nous devons lui paraître si grands que nous nous mettons à son niveau. Nous venons à sa rencontre.

Nous lui sourions, elle nous sourie en retour. Le contact est établi et nous fondons complètement pour elle. Sopheap qui est chargé de la gestion de l’antenne sur place nous raconte son histoire et nous en explique d’avantage au sujet de l’opération qu’elle attend de recevoir. Nous sommes touchés. Sur le chemin vers notre hôtel nous en discutons . Nous avions d’autant plus envie de s’investir pour elle. La Chaîne organise une campagne de donation en cette fin d’année :Destination : La Vie ! Elle nous propose d’y prendre part. Nous acceptons immédiatement.

L’opération est programmée ! Et nous serons là pour y assister.

Ca y est ! Nous venons d’apprendre la date de l’opération. Nous serons sur place et nous pourrons y assister. Nous retournons à l’hôpital voir SreyPei aujourd’hui, elle joue avec l’ourson rose que nous lui avions apporté la veille. Nous restons quelques temps avec elle et ses parents afin d’apprendre à la connaître. Plus nous la côtoyons, plus nous nous rendons compte qu’elle a un sacré caractère ! Il ne faut pas se fier à ses allures de petite fille fragile, elle sait ce qu’elle veut et surtout ce qu’elle ne veut pas. Cette fois ci nous apportons des coloriages pour jouer avec elle, manque de bol, les formes à colorier sont trop petites et cela l’ennuie rapidement. Elle ne se laisse pas faire, c’est une battante ! Elle nous fait rire dans ses expressions et sa moue boudeuse de chipie avant de finalement jeter son dévolu sur le dessin de la page suivante. Elle me rappelle ma propre petite cousine de 5 ans. Comme elle, elle a cette insouciance des enfants de son âge, on a envie que cela continu.

La veille de l’opération, la tension monte d’un cran

La veille de l’opération est déjà là, nous sommes de retour à l’hôpital pour filmer le quotidien des équipes et des consultations matinales. On en profite pour faire un dernier bisou à SreyPei et saluer sa famille. Ses parents semblent nerveux mais l’entourent d’amour. Nous les quittons en leur souhaitant tant que faire ce peu, une bonne nuit avant demain.

On nous donne l’heure de l’opération, elle aura lieu à 8h, nous serons là.

le jour J est enfin là, tous ensemble pour SreyPei

Bryan a été invité à assister à l’opération afin de rendre compte du travail formidable des équipes soignantes. Après plusieurs heures, il revient. Bonne nouvelle, l’opération s’est bien déroulée ! Il me raconte comment il a pu observer les médecins lui ouvrir la poitrine, plonger les instruments avec précision dans son thorax avant d’arrêter le cœur quelques minutes afin de procéder aux gestes qui lui sauveront la vie. Toutes ces personnes mobilisées pour elle . Cette étape terminée, il faut attendre maintenant que SreyPei se réveille. Elle reste en observation car les prochains jours en salle post-opératoire sont cruciaux ! Nous demeurons encore un peu à Phnom Penh avant de reprendre la route. Nous allons pouvoir rester à ses côtés et assister à ses premières heures de vie avec son cœur réparé. Nous savons que cela va être une période douloureuse, nous voulons la soutenir comme nous le pouvons sur le moment, c’est à dire en étant là pour elle.

Lendemain de l’opération, pour SreyPei les soins post-opératoire débutent.

Nous avons l’autorisation de suivre la suite de la procédure et aller lui rendre visite en salle de post-opération.

On se dirige vers la partie de l’hôpital réservée aux soins après opération. Nous enfilons des blouses et des calottes afin de pénétrer dans la pièce. On n’a pas l’habitude et on se reconnaît à peine sous ses protections. Elle est là. Elle nous paraît encore plus menue que d’habitude, tout ces tuyaux autour d’elle, ces machines faisant du bruit. Elle sanglote. Une des infirmières nous explique qu’elle veut sa maman mais que pour le moment ce n’est pas possible car il faut éviter au maximum les contacts avec le monde extérieurs et les bactéries. Nous essayons de lui chanter des chansons douces pour la détendre un peu. Nous la savons sauvée et c’est le plus important lorsque nous la laissons aux bons soins des infirmières de l’hôpital.

Sa famille ne peut pas encore la voir, nous croisons ses parents qui nous sourient comme toujours mais que nous sentons préoccupés et dans l’attente de voir leur fille afin de la serrer dans leurs bras. Personne n’est avec nous, nous commençons à connaître suffisamment les lieux pour nous diriger. Cela signifie donc personne pour traduire les mots que nous souhaiterions dire à ces parents inquiets. Nous nous prenons les mains et cela suffit pour leur faire comprendre que nous sommes de tout cœur avec eux.

Quelques jours plus tard, elle est sauvée ! Mais elle aura besoin d’un suivi toute sa vie.

Nous avons dû quitter Phnom Penh pour poursuivre notre voyage au Cambodge. Malgré notre départ de la capitale, le lien avec l’équipe et avec Srey Pei est toujours là ! Nous avons des nouvelles régulièrement de son état de santé.

Après quelques jours, elle a pu revoir sa famille. Elle est à présent sortie de l’hôpital après des examens de contrôle.

Elle est hors de danger mais va être suivi régulièrement au cours de l’année à venir et par la suite au minimum une fois par an. Nous sommes heureux pour elle et pour ses proches. Ce fût des moments forts que de suivre le quotidien de ces personnes aussi bien de patients que des soignants. Ce désir de vivre et de soigner malgré les difficultés et le manque de moyens.

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