Kawah Iljen - Java - Indonésie

Pour la petite histoire

N otre étape par Banyuwangi fût motivée par l’envie de gravir le volcan Ijen, connu pour ses flammes bleues que dégage son cratère dû à la présence de souffre que des « mineurs » viennent extirper au péril de leurs vies dans des conditions qu’on n’imaginait pas aussi apocalyptiques.

Comment s'y rendre ?

C ette excursion pour le volcan Ijen avec voiture pour nous emmener et nous ramener, plus un guide lors de l’ascension a coûté 250 000 roupies pour nous deux, soit environ 16,70 euros. Nous sommes passés par l’hôte de notre guesthouse Osingvacation qui organise initialement ce tour pour 350 000 roupies, mais il a accepté de nous faire un prix après qu’on lui ait expliqué notre projet. Merci encore à lui pour son hospitalité formidable  !

Nos impressions

M

inuit, c’est l’heure à laquelle il a fallu se lever pour prendre une voiture qui nous a menés aux flancs du volcan. Nous avons entamél’ascension du mont Ijen vers une heure et demie du matin. La route fût longue, sombre et pentue avant d’arriver au sommet. La descente vers le cratère ne fût pas sans émotion non plus.

Munis des masques à gaz que l’on  nous avait remis, nous entreprîmes cette marche à travers un escalier sinueux improvisé à même la roche. Le noir était complet, les seules sources lumineuses furent les lampes torches de l’armée de touristes qui descendait dans le cratère, ainsi que la lune qui fût presque pleine ce soir-là. Quant au fond du cratère seule une flamme bleue un peu lointaine en éclairait timidement les profondeurs. Tout au long du trajet on vit passer un va-et-vient de « mineurs » qui sont en réalité de simples villageois des environs. Ces hommes étaient sans lumière, ni masque ou quelconque protection, juste une cigarette à la main et pourvus de leurs deux paniers reliés par un morceau de bambou qu’ils endossaient sur leurs épaules. Ces paniers étaient tantôt vides lorsqu’ils dévalaient les marches à toute vitesse jusqu’au fond de l’abîme, tantôt remplis à ras bord de cette pierre jaunâtre qu’est le souffre, tout juste arrachée du volcan. Nous étions tous subjugués par ces petits hommes trapus qui défiaient avec une insolente nonchalance les lois de l’apesanteur dans un cratère où régnait une odeur nauséabonde dégagée par les vapeurs de souffre.

Une fois en bas, on vit un de ses hommes en train de frapper la roche à l’aide d’un vulgaire bout de fer en guise de pioche, il était tout juste muni d’une lampe frontale et d’un foulard devant un tonneau d’acier fumant. A sa droite, à seulement quelques mètres au-dessus de lui, dominait tel un esprit magnifiquement ténébreux, une flamme bleue. Celle-ci émanée du souffre enflammé. La fumée venait cacher par intermittence ce démon mouvant, formant un ballet aussi majestueux que terrible.

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L’homme à la pioche était là, s’efforçant de remplir son labeur contre ces forces de la nature, et cela entouré par une armada d’étrangers brandissant leurs téléphones et appareils photo, chacun venu des quatre coins du monde pour immortaliser cet extraordinaire et triste spectacle. Pour les touristes cette expérience demeurera un souvenir, aussi éprouvant soit-il, pour les gens qui travaillent là ce ne sera qu’une journée de plus dans cette attraction infernale à laquelle leurs existences sont liées. Je ne peux m’empêcher de me sentir un peu honteux d’avoir participer à ce désolant scénario, en prenant mes photos malgré la misère qui était détournée en divertissement. J’imagine que ce sentiment controversé à traverser nombre de personnes présentes cette nuit-là.

Il fallait ensuite remonter à la surface, les vapeurs de souffre rendaient l’air irrespirable même avec les masques. On pouvait alors dans une admiration remplie d’effrois voir tous les petits vaisseaux lumineux des touristes descendre l’escalier serpentant le long du cratère. On était alors pris d’une sorte d’angoisse claustrophobique à l’idée d’avoir à remonter jusqu’au sommet. Mais il a bien fallu gravir pour sortir de ce manège apocalyptique. Une fois à la surface, nous avons poursuivi  notre traversée sur les sommets de cette montagne volcanique pour rejoindre le spot où l’on pouvait admirer le lever du soleil. Les premières lueurs du jour laissaient apparaître à travers les montagnes encore embrumées un lac d’un bleu turquoise. C’était le cratère du Kawah Ijen, dont le lac est réputé pour être le plus acide de la planète. Quelques instants plus tard, le soleil commençait à être haut dans le ciel, nous descendîmes jusqu’au  point de départ, épuisés mais heureux de l’avoir fait !

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